L’héritage de Richelieu

Roman de fantasy de Philippe Auribeau.

Ceux-ci ne risquent pas d’exploser comme à Ankh-Morpork.

Ce n’est pas vingt ans après mais seulement quinze ans après que l’on retrouve les Lames du Cardinal, cette fois-ci sous la plume de P. Auribeau mais dans le monde et avec la bénédiction de P. Pevel, l’auteur de la trilogie originale.

Le Cardinal-Duc est mort et lui a succédé Mazarin au poste de principal ministre du Royaume de France. La situation politique n’a par contre pas tant évolué : les dragons cherchent toujours à mettre à mal le Royaume. Les Lames ont été dissoutes, chaque membre poursuivant sa vie, qui encore au service de l’État, qui s’étant rangé dans le Sud. L’un d’eux a pourtant de gros problèmes et c’est pour le sauver que d’anciens membres se retrouvent, recrutant au passage quelques éléments extérieurs, valeureux mais devant être juste là pour le coup de main au Châtelet. L’opération réussit mais c’est à cette occasion que réapparaît un agent des dragons qui était censé être passé de vie à (brusque) trépas il y a quinze ans et qui trempe dans un réseau de narcotrafiquants alimentant la population des dracs (une race mélangeant caractères humains et draconiques) de la capitale. L’usage de cette drogue peut conduire à de grands troubles … Les Lames retournent à l’ouvrage sous la direction de leur vieux capitaine, le comte de Clément-Lefert.

L’auteur ne cherche pas la facilité, et c’est tant mieux. Pas de copie de Dumas (et donc pas de feuilletonnage), pas de reprise en bloc des personnages de P. Pevel (et donc il se passe en très grande partie de Saint-Lucq, le puissant sang-mêlé de dragon des premiers romans) mais une très bonne mise en musique du monde précédemment existant, avec une plus grande mise en lumière de l’action des dragons sur le monde, sous de nombreuses formes et une plus grande exploration de la société drac. Les personnages du roman sont bien taillés, nantis de dialogues bien tournés, faisant XVIIe sans en faire trop. On peut regretter quelques facilités scénaristiques mineures (en plus d’explications qui font parfois livre jeunesse comme le bosco de la p. 294), mais c’est au service du panache, dans des aventures sans réels temps morts (mais néanmoins assez brutales). Le final est particulièrement impressionnant, tant par la scénographie que par l’agencement du propos.

Malheureusement, pas de suite prévue dans un univers qui a encore de la ressource.

(on ne recroise hélas pas d’Artagnan …8,5)

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