Sweet Harmony

Roman court de science-fiction de Claire North.

Ou peut-être juste comment redevenir anglaise ?

Harmony Meads a un bouton sur le menton. Ce n’était pas du tout prévu. Les nanos que contiennent son corps n’auraient jamais du permettre cela, elle a les extensions contre cela, comme pour quantité d’autres choses (contre les maladies les plus communes, pour une musculature de sportive, des yeux brillants ou encore une voix angélique). Un problème de programmation, de mise à jour ? Non, un problème de dettes non réglées. Et son fournisseur de santé, la compagnie Fullife, commence à désactiver des extensions en réaction aux impayés. Et c’est le corps de Harmony qui doit seul prendre le relais, ce qui ne va pas aller sans désagréments corporels mais aussi sociaux. La vie d’Harmony change, et pas en bien. Ou s’arrêtera la chute ?

Roman à l’architecture complexe, fait de va-et-vients chronologiques où le narrateur commence toujours par nous dire l’âge d’Harmony, Sweet Harmony est une critique de la privatisation totale de la médecine (et de l’expropriation corporelle, un nouvel esclavage) mais aussi la peinture de l’ambition d’une fille modeste de l’Angleterre des années 2030 qui passe par le modelage de son propre corps devant lui permettre l’élévation sociale. Mais une quadruple bascule fait tout déraper. Sans manichéisme, avec une héroïne qui fait des choix et n’est pas la victime innocente d’une machination contre laquelle elle ne peut rien. Plein de subtilités, naturaliste et efficace, ce court roman élève l’empathie à un autre niveau.

(une Angleterre de 2030 qui aurait pu être celle de 1970 … 8,5)