Théorie du combattant

Histoire du combat d’infanterie du XVIIIe au XXIe siècle par Michel Goya.

Une belle balade historique.

Après le conflit russo-ukrainien, l’innovation dans le domaine militaire, les opérations extérieures après 1962 et la Première Guerre Mondiale, M. Goya retourne dans la mêlée, auprès des soldats qui prennent le plus de risque et à qui on demande de planter le drapeau quelque part : les fantassins.

Le livre se présente dans une double trame. La première est historique, commençant avec le récit de l’embuscade d’Uzbin (Afghanistan) en 2008 et se poursuit avec le drill au XVIIIe siècle, la révolution des armes à feu au milieu du XIXe siècle (chargement par la culasse et poudre sans fumée), comment se font les ajustements de la Grande Guerre, la place grandissante du moteur (jusqu’à la division blindée) et les nouveautés de la Guerre Froide avant de finir avec le Mali, l’Irak et l’Ukraine.

La seconde trame est plus théorique, ou alors moins chronologique. Il y est question de ce qui fait une guerre, de la transformation qu’opère la peur sur les individus, de la qualité des soldats de base et de la gestion des ressources humaines et la multiplication des espaces et des milieux.

M. Goya ne livre pas ici un texte en tous points nouveau, mais un nouvel angle d’approche. Comme toujours combinant les enseignements du praticien et de l’historien (avec ses notes et sa bibliographie), il ne perd pas en hauteur de vue en reproposant des éléments de ses précédents livres ou articles de blog, éléments réagencés dans un but analytique, avec aussi quelques moments keeganiens (cinquième chapitre sur les soldats automates du XVIIIe siècle, notamment en Prusse). Il y a quelques toutes petites redites, pédagogiques, mais le livre se lit avec entrain, comme toujours avec M. Goya, et ne perd jamais en intensité d’informations. La conclusion enfin formule des pistes d’évolution de l’infanterie en France et de manière plus générale, des forces armées. L’application de ces préconisations de remontée en puissance nous semblent encore trop éloignées dans le temps pour y voir ici un programme que pourrait reprendre à son compte un futur candidat à une élection …

(la Prusse dans la Guerre de Sept Ans c’est une bataille tous les trois mois … 8)

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