Défense d’extinction

Roman court de science-fiction de Ray Nayler.

Dans la taïga on ne vous entend pas crier.

Des scientifiques russes ont réussi à réintroduire des mammouths laineux dans la taïga. Mais ils meurent parce qu’il leur manque l’expérience de la survie. Pour cela il faut le vécu des membres les plus anciens du groupe, qui n’existe pas. Comment régler le problème ? En insufflant un esprit humain dans un mammouth. Mais pas n’importe lequel, celui d’une éthologue spécialiste des éléphants, morte assassinée par des braconniers il y a longtemps alors qu’elle tentait de sauvegarder les éléphants d’une réserve kényane. La demande mondiale d’ivoire n’a pas baissé et les braconniers locaux ont aussi des vues sur ces kilos d’ivoire qui se baladent sans protection autre que la distance … Suffisant ?

Avec des chapitres qui s’entrechoquent, R. Nayler propose au lecteur un récit intriguant, entremêlé et qui fait faire au lecteur des sauts chronologiques répétés, avec parfois des sauts dans des sauts. Très axé sur la sauvegarde des espèces (et ici en premier lieu les éléphants et les mammouths), son parfum de science-fiction est léger, subtil : ici un mulet mécanique (mais est-ce encore de la SF?), là un verrou à reconnaissance de forme. Certes il y a la sauvegarde mentale et, bien des années plus tard, le transfert dans un animal de cette sauvegarde, mais le reste c’est de la taïga, de la survie en milieu hostile, le troupeau et les jours de marche. C’est écrit de manière nerveuse, mais le lyrisme pointe sous le permafrost et le talent de l’auteur permet lui aussi de faire revivre les mammouths.

(ce dirigeant russe de la p. 43 nous rappelle quelqu’un mais qui … 7)